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Cet espace est dédié à la recherche historique, essentiellement centrée sur le Béarn du XIV° siècle, mais aussi, sans nulle exlusive, sur tout ce qui peut nous donnert une meilleure intelligences de notre territoire dans sa dimension historique , clef du présent dans sa concrétude.

Tout nous intéresse, textes rares, iconographie analytique, traces archéologique, littérature, poésie…

… Histoire & Recherche …

  >>Contenu : Biographie de Jean Froissart

La carrière littéraire de Froissart est représentative du nouveau statut de l’écrivain à la fin du Moyen Âge. Successivement au service de Philippa de Hainaut, épouse du roi Édouard III d’Angleterre, du duc Wenceslas de Brabant ou du comte de Blois, il accumule des bénéfices qui assureront son indépendance. Sa création variée comprend, outre deux recueils de poèmes lyriques à forme fixe, des dits d’inspiration courtoise (‘ Le Paradis d’Amour’ de 1361 à 1362, ‘Le Dit de la Marguerite’, ‘L’ Horloge amoureuse’), des poèmes plus amples où l’allégorie se teinte d’une coloration autobiographique (‘ L’Espinette amoureuse’ en 1369, ‘La Prison amoureuse’ de 1371 à 1372, ‘Le Joli Buisson de Jeunesse’ en 1373), un roman arthurien en vers (‘ Meliador’ de 1365 à 1380). Pourtant, c’est à ses monumentales ‘Chroniques’ (quatre livres composés entre 1370 et 1400) qu’il doit sa gloire. Couvrant trois quarts du XIVe siècle (de 1325 à 1400), relevant d’un esprit chevalersque et courtois dont Froissart subit la fascination, les ‘Chronique’s ne restent pas moins, par le souci de l’information, par l’effort constant de dégager le sens des événements, une des sources capitales pour l’histoire de la Guerre de Cent Ans ainsi que pour celle de l’Europe Occidentale au XIVe siècle.Biographie de Jean Froissart
La carrière littéraire de Froissart est représentative du nouveau statut de l’écrivain à la fin du Moyen Âge. Successivement au service de Philippa de Hainaut, épouse du roi Édouard III d’Angleterre, du duc Wenceslas de Brabant ou du comte de Blois, il accumule des bénéfices qui assureront son indépendance. Sa création variée comprend, outre deux recueils de poèmes lyriques à forme fixe, des dits d’inspiration courtoise (‘ Le Paradis d’Amour’ de 1361 à 1362, ‘Le Dit de la Marguerite’, ‘L’ Horloge amoureuse’), des poèmes plus amples où l’allégorie se teinte d’une coloration autobiographique (‘ L’Espinette amoureuse’ en 1369, ‘La Prison amoureuse’ de 1371 à 1372, ‘Le Joli Buisson de Jeunesse’ en 1373), un roman arthurien en vers (‘ Meliador’ de 1365 à 1380). Pourtant, c’est à ses monumentales ‘Chroniques’ (quatre livres composés entre 1370 et 1400) qu’il doit sa gloire. Couvrant trois quarts du XIVe siècle (de 1325 à 1400), relevant d’un esprit chevalersque et courtois dont Froissart subit la fascination, les ‘Chronique’s ne restent pas moins, par le souci de l’information, par l’effort constant de dégager le sens des événements, une des sources capitales pour l’histoire de la Guerre de Cent Ans ainsi que pour celle de l’Europe Occidentale au XIVe siècle.

Jehan Froissart Chroniques 

>>Contenu :

Jehan Froissart
Chroniques
Livre Troisième
(Voyage de Froissart en Béarn.)
Chapitre V
Comment le princeps et la princepse vinrent voir le comte d’Ermignac et du don que la princepse demanda au comte de Foix.
Entre la comté de Foix et le pays de Béarn, gît la comté de Bigorre, laquelle est tenue du roi de France, et marchist au pays Toulousain d’une part, et au comté de Cominges et de Béarn d’autre part. En la comté de Bigorre gît le fort chastel de Lourdes, qui toujours s’est tenu Anglois, depuis que le pays de Bigorre fut rendu au roi d’Angleterre et au prince pour la rédemption du roi Jean de France, par le traité de la paix qui fut traité à Brétigny devant Chartres, et confermé depuis à Calais, si comme il est contenu ci-dessus en notre histoire.
Quand le prince de Galles fut issu hors d’Angleterre et que le roi son père lui ot donné à tenir en fief et en héritage de lui toute la terre et le duché d’Aquitaine, où il y a deux archevêchés et vingt-deux évêchés, et il fut venu à Bordeaux sur Gironde, et il ot pris la possession de toutes les terres, et il ot séjourné environ un an au pays, il et la princesse sa femme furent priés du comte Jean d’Ermignac que ils voulsissent venir en la comté de Bigorre, en la belle et bonne cité de Tharbes, pour voir et visiter celui pays que encores oncques mais n’avoient vu. Et tendoit le dit comte d’Ermignac à ce que, si le prince et la princesse étoient en Bigorre, le comte de Foix les viendroit voir et visiter, auquel il devoit, pour cause de sa rançon, deux cents et cinquante mille francs. Si leur feroit prier pour lui que le dit comte de Foix voulsist quitter la dite somme, ou en partie, ou faire grâce. Tant fit le comte d’Ermignac que le prince et la princesse, à leur état, qui pour ce temps étoit grand et étoffé, vinrent en Bigorre et se logèrent en la cité de Tharbes.
   Tharbes est une belle ville et grande, étant en plain pays et en beaux vignobles; et y a ville, cité et chastel, le tout fermé de portes, de murs et de tours, et séparés l’un de l’autre; car là vient d’amont d’entre les montagnes de Béarn et de Casteloigne, la belle rivière de Lisse, qui court tout parmi Tharbes, et qui le sépare; et est la rivière aussi claire comme fontaine. A cinq lieues de là sied la ville de Morlens, laquelle est au comte de Foix; et à l’entrée du pays de Béarn et dessous la montagne, à six lieues de Tharbes, la ville de Pau qui est aussi au dit comte.
   Pour ce temps que le prince et la princesse étoient venus à Tharbes, étoit le comte de Foix en la ville de Pau, car il y faisoit faire et édifier un très beau chastel tenant à la ville, au dessus sur la rivière de Gave. Sitôt comme il sçut la venue du prince et de la princesse qui étoient à Tharbes, il s’ordonna et les vint voir en grand état, à plus de six cens chevaux; et avoit soixante chevaliers en sa compagnie, et grand’quantité d’écuyers et de gentilshommes. De la venue du comte de Foix furent le prince et la princesse grandement réjouis; et lui firent très bonne chère, et bien le valoit; et l’honoroit la princesse très liement et grandement. Et là étoient le comte d’Ermignac et le sire de la Breth; et fut le prince prié que il voulsist prier au comte de Foix que il quittât au comte d’Ermignac, tout ou en partie, la somme des florins que il lui devoit. Le prince, qui fut sage et vaillant homme, répondit, tout considéré, que non feroit. «Car pour quoi, comte d’Ermignac, vous fûtes pris par armes et par belle journée de bataille, et mit notre cousin, le comte de Foix, son corps et ses gens à l’aventure contre vous; et si la fortune fut bonne pour lui et contraire à vous, il n’en doit pas pis valoir. Par fait semblable, monseigneur mon père ni moi ne sarions gré qui nous prieroit de remettre arrière ce que nous tenons par la belle aventure et la bonne fortune que nous eûmes à Poitiers, dont nous regracions notre seigneur.»
   Quand le comte d’Ermignac ouït ce, si fut tout confus et ébahi, car il avoit failli à ses ententes; nonobstant ce si ne cessa-t-il pas, mais en pria la princesse, laquelle de bon cœur requit et pria au comte de Foix que il lui voulsist donner un don. «Madame, dit le comte, je suis un petit homme et un povre bachelier, si ne puis faire nuls grands dons; mais le don que vous me demandez, si il ne vaut plus de cinquante mille francs, je vous le donne.»
La princesse tiroit à ce que, outrement et pleinement, le don que elle demandoit le comte de Foix lui donnât; et le comte, qui sage et subtil étoit, et qui à ses besognes assez clair véoit, et qui espoir de la quittance du comte d’Ermignac se doutoit, son propos tenoit et disoit: «Madame, à un povre chevalier que je suis, qui édifie villes et chastels, le don que je vous accorde doit bien suffire.» Oncques la princesse n’en put autre chose avoir ni extraire, et quand elle vit ce: «Comte de Foix, je vous demande et prie que vous fassiez grâce au comte d’Ermignac. — Madame, répondit le comte, à votre prière dois-je bien descendre. Je vous ai dit que le don que vous me demandez, si il n’est plus grand de cinquante mille francs, je le vous accorde; et le comte d’Ermignac me doit deux cent et cinquante mille francs; à la vôtre requête et prière je vous en donne les cinquante mille.» Ainsi demeura la chose en tel état; et gagna le comte d’Ermignac, à la prière de la princesse d’Aquitaine cinquante mille francs. Si retourna le comte de Foix en son pays, quant il ot été trois jours de-lez le prince et la princesse d’Aquitaine.

  >>Contenu :
Cet article  rédigé par Xavier Lorente-Darracq
Il est cité avec son aimable autorisation.

L’HISTOIRE DU BEARN – DES ORIGINES AUX INVASIONS BARBARES -


Image Xavier Lorente-Darracq

Le Béarn est une ancienne province du sud-ouest de la France, en Aquitaine, et le pays béarnais constitue de nos jours la partie orientale des Pyrénées-Atlantiques. Au cours de l’Histoire, la région fit partie de la Novempopulanie romaine, devint ensuite Vasconie puis Gasconha, la Gascogne.
  •        Histoire du Béarn au temps de l’empire romain
Carte des principales voies romaines au sud de l’Aquitaine
L’axe commercial Dax-Saragosse traversait le Béarn
Origines du Béarn : Au VIème siècle avant J.C, les Ligures sont implantés dans la majeure partie de la Gaule, jusqu’aux Pyrénées. Cinq siècles avant notre ère, venant très probablement de la vallée de l’Ebre et de l’Aragon en Espagne, les Ibères franchissent les montagnes par le Val d’Aran et les cols du Somport et de Roncevaux. Entrés en Gaule, ils se heurtent aux Celtes qui les empêchent de poursuivre leur progression plus au nord. Les Ibères se fixent alors dans le piémont pyrénéen.
Une tribu de ces envahisseurs, les Bénarnis – appelés aussi Vernanis ou encore Béharnenenses – occupent ainsi le territoire qui deviendra plus tard le Béarn. Ce peuple va donner son nom à Beneharnum (Lescar), et ce lieu deviendra la première capitale du pays.


Image Xavier Lorente-Darracq

L’occupation romaine : Les légions romaines, lors de leur conquête de la Gaule tentent par deux fois de soumettre ces peuples belliqueux désignés sous le nom générique d’Aquitains. Par deux fois les armées de Rome échouent. C’est un jeune lieutenant de César, Crassus, qui y parvient enfin au cours d’une troisième tentative. Quelques peuplades montagneuses échappent d’abord à la conquête romaine, mais elles finissent cinq ans après par se soumettre au grand César lui-même venu dans la région y faire le tour du propriétaire et y inspecter les travaux finis.
L’occupation romaine va durer de 51 avant J.C à 419 après J.C. Bien sûr, à l’époque, le Béarn n’est pas encore une entité définie, à la fin du IIème siècle, ce lieu géographique fait partie de la Novempopulanie (le territoire des 9 peuples). En Béarn, outre les Vernanis, on trouve les Iluronenses, qui donneront leur nom à Iluro (Oloron), les Occidates de l’Ossau et les Tarbellis de la région Orthez.

 

Durant leur présence en terre béarnaise, les romains y établissent leurs administrations, civiles et militaires. Ils construisent des ponts, des villas, et de nombreuses routes, enfin, bref, tout ce qu’ils savent si bien faire quand ils décident de s’établir à un endroit pour y rester. Dans la région ils tracent surtout un axe commercial important qui relie Aquae Tarbelicae (Dax) à Saragosse en passant par Bénéharnum. L’influence romaine va aussi entrainer une révolution économique dans une région alors essentiellement dédiée à l’élevage. Les colons romains introduisent la culture céréalière (millet, seigle et orge) et un peu partout, sur les côteaux entre Salies-de-Béarn et Bellocq notamment, se développe intensément la culture de la vigne.
À partir du troisième siècle de notre ère, pourtant, les villes importantes de Bénéharnum et Iluro se dégagent du joug des colons romains lesquels vont progressivement évacuer les Pyrénées occidentales. Suite au déclin de l’empire vont alors se succèder en Béarn de nombreux envahisseurs.
  •  Béarn. Histoire des origines du pays béarnais   
    Page illustrée du Bréviaire d’Alaric II
Quand les Wisigoths étaient en Béarn
Les invasions barbares : Le malheur du Béarn est en fait de se trouver sur une route touristique importante, celle de l’Espagne. Du nord de l’Europe, des hordes de barbares en mal de soleil déferlent sur le sud de la Gaule. Le pays sera d’abord dévasté par les Vandales suivis de près par les Alains. Viendront ensuite les Quades (Suèves) et enfin nos amis les Visigoths qui envahissent la Novempopulanie en 412.Les rois Wisigoths comprennent assez vite qu’il vaut mieux ménager les populations autochtones qu’ils appelent « les Romains » et leur domination, bon an mal an, est plutôt bien acceptée. Seulement voilà, c’est à peu près à la même époque que l’évangélisation chrétienne commence à pénétrer le Béarn, se propageant le long des voies romaines. Le chef des Visigoths, Alaric, qui a quand même une réputation de barbare à tenir, commence alors à persécuter le clergé local.

Par la suite, son fils Alaric, deuxième du nom, va se montrer un peu plus cool et promulguera un recueil de droit romain, le Bréviaire d’Alaric, mais le mal est fait. Aussi, les évêques de Novempopulanie appellent-ils à leur secours le désormais chrétien roi Clovis. En 507, les armées francques battent celles d’Alaric à la bataille de Vouillé. La région passe sous contrôle franc. Du coup, les Visigoths survivants font leurs valises et partent fonder le royaume de Toulouse. Plus tard, ils s’en iront régner sur l’Espagne jusqu’à l’envahissement de la péninsule par les Maures dont ils auront un mal fou à se débarrasser par la suite.

Le Béarn en Gascogne : Vers 580, les Vascons (ancêtres supposés des Basques), originaires de la Navarre espagnole, envahissent à leur tour le Béarn et s’y établissent pour un long moment. Vingt ans plus tard, la Novempopulanie sous l’influence de ses nouveaux occupants devient Vasconia, puis Gasconha (Gascogne).
Vers le neuvième siècle, des Normands (ou Vikings) à bord de leurs knörrs (ces navires que l’on nomme à tort drakkars), lancent régulièrement depuis le port de Bayonne des expéditions sur le Béarn en remontant le gave de Pau. Ils dévastent, tuent et pillent allègrement de nombreuses villes et villages. La capitale Bénéharnum est brûlée et rasée. Les Normands n’occuperont cependant jamais le pays et ils seront finalement vaincus en bataille rangée (leur point faible) près de Castets au onzième siècle.D’après http://graphikdesigns.free.fr/bearn-histoire.html avec nos remerciements

LITTERATURE AU XIV° SIECLE

 L’Occident en crise (1300-1450)

Le début du XIVe siècle est plutôt prospère. Le roi ne délègue plus ses pouvoirs à ses vassaux. Après 1350, le climat général est marqué par une grande inquiétude. En effet, les famines (surpopulation et stagnation agricole) et la Grande Peste suscitent des comportements hystériques. La Guerre de Cent Ans (Jeanne d’Arc) ruine la France et affaiblit les pouvoirs du roi et du pape. Des mutations importantes vont se produire dans les mentalités.

La recherche scientifique se disperse, certains domaines de recherche (politique, par exemple) échappent à l’emprise religieuse.

La thématique chevaleresque recule. Par contre la poésie courtoise garde sa vigueur avec notamment les œuvres poétiques de Christine de Pisan, Charles d’Orléans.

Le théâtre est très actif : passions et mystères (Arnoul Gréban et Jean Michel, Le Mystère de la Passion , mais aussi textes allégoriques (moralités) ou comiques (soties et farces) La Farce de Maître Pathelin.

… Quelques textes …

>>TEXTE :

Ballade sur le trépas de Bertrand Du Guesclin

Estoc d’honneur et arbre de vaillance,
Cœur de lion épris de hardement,
La fleur des preux et la gloire de France,
Victorieuux et hardi combattant,
Sage en vos faits et bien entreprenant,
Souverain homme de guerre,
Vainqueur de gens et conquéreur de terre,
Le plus vaillant qui onques fut en vie,
Chacun pour vous doit noir vêtir et querre :
Pleurez, pleurez, fleur de chevalerie.
O Bretagne, pleure ton espérance,
Normandie, fais son enterrement,
Guyenne aussi, et Auvergne or t’avance,
Et Languedoc, quier lui son monument.
Picardie, Champagne et Occident
Doivent pour pleurer aquerre
Tragédiens, Aréthusa requerre
Qui en eaue fut par pleur convertie,
Afin qu’à tous de sa mort le cœur serre :
Pleurez, pleurez, fleur de chevalerie.
Hé! gens d’armes, ayez en remembrance
Votre père – vous étiez ses enfants -
Le bon Bertrand, qui tant eut de puissane,
Qui vous aimait si amoureusement;
Guesclin priait : priez dévotement
Qu’il puist paradis conquerre;
Qui deuil n’en fait et qui ne prie, il erre,
Car du monde est la lumière faillie :
De tout honneur était la droite serre :
Pleurez, pleurez, fleur de chevalerie.

Quelques troubadours


Guillaume IX d’Aquitaine (ou de Poitiers) (1071-1127) est un grand seigneur, duc d’Aquitaine, qui joua un rôle historique et militaire. Son oeuvre crée le genre courtois mais lui échappe en partie, car la courtoisie y voisine avec un réalisme grossier, parfois obscène. Il est d’ailleurs présenté par sa vida comme un grand séducteur peu porté dans la vie à considérer ses maîtresses comme des suzeraines inaccessibles.

Cercamon est l’un des plus anciens troubadours (il écrit vers 1135). C’est un jongleur de Gascogne, dont Marcabru aurait été l’élève. Sa vida dit qu’ »il parcourut le monde entier, partout où il put aller ; c’est pourquoi on le surnomma Cercamon (cherche-monde) ».

Marcabru (première moitié du XIIe siècle), surnommé « pain perdu », est un simple jongleur, enfant trouvé selon sa vida. Nous avons conservé 42 de ses textes, écrits entre 1130 et 1148. Il s’y élève souvent contre l’hypocrisie de la fin’amor. Son style est marqué par un réalisme cru et violent mais aussi par une discipline sévère et l’utilisation d’un lexique recherché : c’est le premier poète du trobar clus.

Jaufré Rudel (milieu XIIe), prince de Blaye, mourut, selon sa vida, à Tripoli, dans les bras de la princesse dont il avait été amoureux sans la connaître. Chantre de l’  »amour de loin », il a laissé huit poèmes nourris de rêveries et de casuistique amoureuse et caractérisés par la répétition obsédante du mot lohn (loin).

Bernard de Ventadour (2e moitié du XIIe siècle) est l’un des plus célèbres troubadours. D’origine assez humble (selon sa vida, il était le fils d’une servante et d’un domestique du château de Ventadour), il fut instruit à l’art poétique par son seigneur, Ebles II le « chanteur », et suivit Aliénor d’Aquitaine à la cour d’Henri II Plantagenêt en Angleterre.

Bertran de Born (1140- v.1215) est un gentilhomme limousin. On connaît de lui une cinquantaine de poèmes, dont l’un avec sa notation mélodique. Leur sujet est souvent l’amour, mais aussi la morale et la politique. Il joua d’ailleurs un rôle politique assez important dans l’histoire de son temps.

Raimbaut d’Orange est un grand seigneur, et l’un des plus importants poètes du XIIe siècle. On a conservé une quarantaine de ses poésies (dont le célèbre « Er resplan la flors enversa, quand paraît la fleur inverse ») qui se caractérisent par une grande maîtrise de la langue et du vers, un savant entrelacement de rimes rares et sonores. C’est le théoricien du trobar clus inauguré par Marcabru.

Arnaut Daniel (v. 1150-1160 – v. 1200) s’inscrit dans la lignée de la poésie savante de Raimbaut d’Orange. Entre 1180 et 1200, il compose 16 chansons, un sirventès, ainsi que sa très fameuse sextine. C’est l’auteur le plus représentatif du trobar ric, langue riche qui renouvelle le sens des mots, en crée de nouveaux, et privilégie les structures formelles très recherchées.

Peire Cardenal (v. 1180 – v. 1280), de famille noble, après une formation de clerc, il compose une oeuvre abondante : après quelques chansons d’amour dans sa jeunesse, il s’adonne plutôt à la satire, d’une ironie âpre, dans 56 sirventès, 18 coblas et divers chants.

Guiraut Riquier (fin XIIIe-1292) est l’un des derniers troubadours et l’un des plus féconds. Pour vivre de sa plume, il doit aller, en ce crépuscule de la poésie occitane, de protecteur en protecteur. Très prolixe, il compose plus de 100 pièces, auxquelles on a pu reprocher une certaine facilité, mais qui font preuve de beaucoup d’invention (mètres nouveaux, création de nouveaux genres).

Les trobaïritz sont des femmes troubadours. Les plus célèbres sont la Comtesse de Die, Marie de Ventadour, Azalaïs de Porcairagues, Na Castelloza, Clara d’Anduze, Bieiris de Romans.

 >>TEXTE : Lo tems vai e ven e vire

Per jorns, per mes e per ans,
Et eu, las no.n sai que dire,
C’ades es us mos talans.
Ades es us e no.s muda,
C’una.n volh e.n ai volguda,
Don anc non aic jauzimen.

Pois ela no.n pert lo rire,
E me.n ven e dols e dans,
C’a tal joc m’a faih assire
Don ai lo peyor dos tans,
– C’aitals amors es perduda
Qu’es d’una part mantenguda -
Tro que fai acordamen.

Be deuri’ esser blasmaire
De me mezeis a razo,
C’anc no nasquet cel de maire
Que tan servis en perdo!
E s’ela no m’en chastia,
Ades doblara.lh folia,
as voutas ni mei so!
Ni res qu’eu fassa ni dia,
No conosc que pros me sia,
Ni no.i vei melhuramen.

Si tot fatz de joi parvensa,
Mout ai dins lo cor irat.
Qui vid anc mais penedensa
Faire denan lo pechat
On plus la prec, plus m’es dura!
Mas si’n breu tems no.s melhura,
Vengut er al partimen.

Pero ben es qu’ela.m vensa
A tota sa volontat,
Que, s’el’ a tort o bistensa,
Ades n’aura pietat !
Que so mostra l’escriptura :
Causa de bon’aventura
Val us sols jorns mais de cen.

Ja no.m partrai a ma vida,
Tan com sia saus ni sas,
Que pois l’arma n’es issida,
Balaya lonc tems lo gras.
E si tot no s’es cochada,
Ja per me no.n er blasmada,
Sol d’eus adenan s’emen.

Ai, bon’ amors encobida,
Cors be faihz, delgatz e plas
Ai, frescha charn colorida,
Cui Deus formet ab sas mas
Totz tems vos ai dezirada,
Que res autra no m’agrada.
Autr’ amor no volh nien

Dousa res ben ensenhada,
Cel que.us a tan gen formada,
Me.n do cel joi qu’eu n’aten

>>TEXTE : RASSA

Rassa tan creis e monta e poia
cela qu’es de totz engans voia
sos pretz a las autras enoia
qu’una no-i a que ren i noia
que-l vezers de sa beutat loia
los pros a sos ops cui que coia
que-lh plus conoissen e-lh melhor
mantenon ades sa lauzor
e la tenon per la gensor
e sap far tan entier’onor :
no vol mas un sol preiador.

Rassa domn’ai qu’es fresca e fina
conhda e gaia e mesquina :
pel saur ab color de robina
blanca pel cors com flors d’espina
coude mol ab dura tetina
e sembla conil de l’esquina
a la fina fresca color
al bo pretz et a la lauzor
leu podon triar la melhor
cilh que si fan conoissedor
de me ves qual part eu ador.

Rassa als rics es orgolhoza
e fai gran sen a lei de toza
que no vol Peiteus ni Toloza
ni Bretanha ni Saragoza
ans es de pretz tan enveioza
qu’als pros paubres es amoroza
pois m’a pres per chastiador
prec li que tela car s’amor
et am mais un pro vavassor
qu’un comte o duc galiador
que la tengues a dezonor.

Rassa rics om que re no dona
ni acolh ni met ni non sona
e que senes tort ocaisona
e qui merce-lh quier no perdona
m’enoia e tal persona
que servizi no guizerdona
e li ric om cassador
m’enoian e-lh buzacador
gaban de volada d’austor
que ja mais d’armas ni d’amor
no parlaran om entre lor.

Rassa aisso-us prec que vos plassa :
rics om que de guerra no-s lassa
ni no s’en recre per menassa
tro qu’om si lais que mal no-lh fassa
val mais que ribiera ni cassa
que bo pretz n’acolh e n’abrassa
Maurin ab N’Aigar son senhor
te om per bon envazidor
e-l vescoms defenda s’onor
e-l coms deman la-lh per vigor
e veiam l’ades al pascor.

Mariniers vos avetz onor
e nos avem camjat senhor
bon guerrier per torneiador
E prec a-N Golfier de la Tor
mos chantars nol fassa paor.

Papiols mon chantar recor
en la cort mon mal Bel Senhor.

————————————-
Traduction

Rassa, tant croît, monte et s’élève celle qui est dépourvue de toute fausseté que son mérite ennuie les autres [dames] ; il n’y en a pas une qui y nuise la vue de sa beauté engage les preux à son service, à qui que cela déplaise [ou non], parce que les véritables connaisseurs et les meilleurs maintiennent toujours sa louange et la tiennent pour la plus gentille, car elle sait son honneur si intègre qu’elle ne veut qu’un seul soupirant.
Rassa, j’ai une dame qui est fraîche et fine, aimable, gaie et jeune, aux cheveux blonds, teint de rubis, blanche de corps comme fleur d’aubépine, le coude tendre et le téton dur, et elle semble un lapin de [par son] dos, à la pure et fraîche couleur, au noble mérite et aux louanges [qu'on fait d'elle] ceux qui prétendent me connaître, [c'est-à-dire] de quel côté je porte mon adoration, peuvent facilement discerner la meilleure.Rassa, envers les nobles, elle est orgueilleuse, et elle fait [preuve d'un] grand sens, elle a loi de jeune fille qui ne veut ni Poitiers, ni Toulouse, ni Bretagne, ni Sarragosse, mais qui est si envieuse (désireuse) de mérite qu’elle est amoureuse de pauvres preux puisqu’elle m’a pris pour maître, je la prie qu’elle tienne cher (précieux) son amour et qu’elle aime davantage un preux vavasseur qu’un comte ou un duc trompeur qui l’amène au déshonneur.

Rassa, un homme riche qui ne donne rien, ni n’accueille, ni ne dépense, ni ne sonne (chante ou joue d’un instrument) et qui accuse sans tort (sans raison) et qui ne pardonne pas à celui qui recherche sa merci, m’ennuie ! Ainsi que toute personne qui ne reconnaît pas les services [rendus]. Et les hommes puissants [et] chasseurs m’ennuient ! Et aussi ceux qui chassent avec des busards se moquant du vol de l’autour, car jamais ni d’armes ni d’amour ils ne parleront entre eux.

Rassa, je prie que cela vous plaise : un grand seigneur qui ne se lasse pas de la guerre et qui n’abandonne pas malgré les menaces, jusqu’à ce qu’on cesse de lui nuire, voila qui vaut mieux que la rivière (la chasse aux oiseaux) ou la chasse, car il recueille et ramasse bon prix. On tient pour de bons envahisseurs Maurin et son seigneur Aigar. Que le vicomte défende son honneur et le comte le lui demande de vive force, et voyons toujours à Pâques !

Marinier vous avez de l’honneur, et nous, nous avons échangé un seigneur bon guerrier pour un amateur de tournois, et j’espère que mon chant ne fasse pas peur à Golfier de la Tor.

Papiol, fais parvenir mon chant à la cour de mon cruel Bel Senhor.

>>TEXTE : La poésie goliarde: présentation

Les Goliards et le goliardissime : La naissance d’un genre es goliards ou « cleri vagantes » sont des étudiants, des clercs ou des ecclésiastiques fuyant la hiérarchie de l’Église, qui, du XI° au XIII° siècle, faisaient du vagabondage intellectuel à travers l’Europe, notamment en Angleterre, en France et en Allemagne, vivant comme artistes, poètes, jongleurs ou bouffons.

 L’origine du mot est incertaine. Elle pourrait provenir du latin gula, gloutonnerie, ou d’une dérivation de Gaillard, ou se rapporterait selon leur propre légende au mythique « évêque Golias », aussi appelé « Archipoète » ou « Primas », au nom duquel ils écrivaient la plupart de leurs poèmes satiriques. Au XIV° siècle, le mot Goliard abandonnera toute référence cléricale; pour devenir synonyme de jongleur ou de ménestrel dans la littérature française et anglaise.

Le contenu des poésies goliardes, en vers latins aux rimes accentuées, imitant ainsi la forme des cantiques médiévaux, est satirique et sans pudeur : érotisme très direct et charnel, chansons à boire, complaintes sur la vie du clergé pauvre, glorification de l’hédonisme, reniement de l’éthique chrétienne, satire politique et surtout religieuse. De nombreuses chansons dénoncent les abus et l’immoralité des hautes sphères de l’Eglise, attaquant jusqu’au Pape ce qui valu aux Goliards d’être le sujet de délibérations de plusieurs conciles. En 1227, le concile de Trévise interdit aux prêtres de permettre aux Goliards de prendre part aux chants pendant l’office.

En 1229, les goliards jouent un rôle manifeste dans les troubles de l’Université de Paris relatifs aux intrigues du légat papal. En 1289, il est interdit à tout clerc d’être jongleur, goliard ou bouffon. En 1300, à Cologne, il leur est interdit de prêcher ou de s’engager dans le trafique d’indulgence. Cette législation ne sera effective qu’à partir du moment où les privilèges du clergé leur seront définitivement retirés. La collection la plus remarquable de leurs poésies, tirée d’un manuscrit d’un monastère bavarois, fut publiée en 1895 sous le titre « Carmina Burana ». Le compositeur allemand Carl Orff s’est servi d’un choix de ces poèmes pour son célèbre oratorium et beaucoup d’entre eux forment encore aujourd’hui la majeure partie des carnets de chants des étudiants allemands.

Certains ont été traduits par John Addington Symonds et publiés en 1884 dans un petit ouvrage intitulé « Wine, Women and Song ». Les poèmes goliards étaient écrits pour être chantés, mais on est très loin d’une connaissance complète de la musique destinée à accompagner ces poèmes ou que ces poèmes étaient censés accompagner. La notation musicale utilise des neumes dites diastématiques, sorte de sténographie musicale lisible seulement si on a une connaissance préalable de la mélodie. Le style musical des chansons d’amour est similaire à celui des trouvères. On trouve parfois les mêmes airs dans les deux répertoires. Les chansons proprement goliardes sont toutefois plus simples sur le plan métrique, mélodique et stylistique. Les Goliards et le goliardissime : La naissance d’un genre es goliards ou « cleri vagantes » sont des étudiants, des clercs ou des ecclésiastiques fuyant la hiérarchie de l’Église, qui, du XI° au XIII° siècle, faisaient du vagabondage intellectuel à travers l’Europe, notamment en Angleterre, en France et en Allemagne, vivant comme artistes, poètes, jongleurs ou bouffons.

L’origine du mot est incertaine. Elle pourrait provenir du latin gula, gloutonnerie, ou d’une dérivation de Gaillard, ou se rapporterait selon leur propre légende au mythique « évêque Golias », aussi appelé « Archipoète » ou « Primas », au nom duquel ils écrivaient la plupart de leurs poèmes satiriques. Au XIV° siècle, le mot Goliard abandonnera toute référence cléricale; pour devenir synonyme de jongleur ou de ménestrel dans la littérature française et anglaise. Le contenu des poésies goliardes, en vers latins aux rimes accentuées, imitant ainsi la forme des cantiques médiévaux, est satirique et sans pudeur : érotisme très direct et charnel, chansons à boire, complaintes sur la vie du clergé pauvre, glorification de l’hédonisme, reniement de l’éthique chrétienne, satire politique et surtout religieuse.

 De nombreuses chansons dénoncent les abus et l’immoralité des hautes sphères de l’Eglise, attaquant jusqu’au Pape ce qui valu aux Goliards d’être le sujet de délibérations de plusieurs conciles. En 1227, le concile de Trévise interdit aux prêtres de permettre aux Goliards de prendre part aux chants pendant l’office. En 1229, les goliards jouent un rôle manifeste dans les troubles de l’Université de Paris relatifs aux intrigues du légat papal. En 1289, il est interdit à tout clerc d’être jongleur, goliard ou bouffon. En 1300, à Cologne, il leur est interdit de prêcher ou de s’engager dans le trafique d’indulgence. Cette législation ne sera effective qu’à partir du moment où les privilèges du clergé leur seront définitivement retirés.

La collection la plus remarquable de leurs poésies, tirée d’un manuscrit d’un monastère bavarois, fut publiée en 1895 sous le titre « Carmina Burana ». Le compositeur allemand Carl Orff s’est servi d’un choix de ces poèmes pour son célèbre oratorium et beaucoup d’entre eux forment encore aujourd’hui la majeure partie des carnets de chants des étudiants allemands. Certains ont été traduits par John Addington Symonds et publiés en 1884 dans un petit ouvrage intitulé « Wine, Women and Song ». Les poèmes goliards étaient écrits pour être chantés, mais on est très loin d’une connaissance complète de la musique destinée à accompagner ces poèmes ou que ces poèmes étaient censés accompagner. La notation musicale utilise des neumes dites diastématiques, sorte de sténographie musicale lisible seulement si on a une connaissance préalable de la mélodie. Le style musical des chansons d’amour est similaire à celui des trouvères.

On trouve parfois les mêmes airs dans les deux répertoires. Les chansons proprement goliardes sont toutefois plus simples sur le plan métrique, mélodique et stylistique. Les Goliards et le goliardissime : La naissance d’un genre es goliards ou « cleri vagantes » sont des étudiants, des clercs ou des ecclésiastiques fuyant la hiérarchie de l’Église, qui, du XI° au XIII° siècle, faisaient du vagabondage intellectuel à travers l’Europe, notamment en Angleterre, en France et en Allemagne, vivant comme artistes, poètes, jongleurs ou bouffons. L’origine du mot est incertaine. Elle pourrait provenir du latin gula, gloutonnerie, ou d’une dérivation de Gaillard, ou se rapporterait selon leur propre légende au mythique « évêque Golias », aussi appelé « Archipoète » ou « Primas », au nom duquel ils écrivaient la plupart de leurs poèmes satiriques.

 Au XIV° siècle, le mot Goliard abandonnera toute référence cléricale; pour devenir synonyme de jongleur ou de ménestrel dans la littérature française et anglaise. Le contenu des poésies goliardes, en vers latins aux rimes accentuées, imitant ainsi la forme des cantiques médiévaux, est satirique et sans pudeur : érotisme très direct et charnel, chansons à boire, complaintes sur la vie du clergé pauvre, glorification de l’hédonisme, reniement de l’éthique chrétienne, satire politique et surtout religieuse. De nombreuses chansons dénoncent les abus et l’immoralité des hautes sphères de l’Eglise, attaquant jusqu’au Pape ce qui valu aux Goliards d’être le sujet de délibérations de plusieurs conciles. En 1227, le concile de Trévise interdit aux prêtres de permettre aux Goliards de prendre part aux chants pendant l’office. En 1229, les goliards jouent un rôle manifeste dans les troubles de l’Université de Paris relatifs aux intrigues du légat papal. En 1289, il est interdit à tout clerc d’être jongleur, goliard ou bouffon. En 1300, à Cologne, il leur est interdit de prêcher ou de s’engager dans le trafique d’indulgence. Cette législation ne sera effective qu’à partir du moment où les privilèges du clergé leur seront définitivement retirés.

La collection la plus remarquable de leurs poésies, tirée d’un manuscrit d’un monastère bavarois, fut publiée en 1895 sous le titre « Carmina Burana ». Le compositeur allemand Carl Orff s’est servi d’un choix de ces poèmes pour son célèbre oratorium et beaucoup d’entre eux forment encore aujourd’hui la majeure partie des carnets de chants des étudiants allemands. Certains ont été traduits par John Addington Symonds et publiés en 1884 dans un petit ouvrage intitulé « Wine, Women and Song ». Les poèmes goliards étaient écrits pour être chantés, mais on est très loin d’une connaissance complète de la musique destinée à accompagner ces poèmes ou que ces poèmes étaient censés accompagner. La notation musicale utilise des neumes dites diastématiques, sorte de sténographie musicale lisible seulement si on a une connaissance préalable de la mélodie. Le style musical des chansons d’amour est similaire à celui des trouvères.

On trouve parfois les mêmes airs dans les deux répertoires. Les chansons proprement goliardes sont toutefois plus simples sur le plan métrique, mélodique et stylistique. Les Goliards et le goliardissime : La naissance d’un genre es goliards ou « cleri vagantes » sont des étudiants, des clercs ou des ecclésiastiques fuyant la hiérarchie de l’Église, qui, du XI° au XIII° siècle, faisaient du vagabondage intellectuel à travers l’Europe, notamment en Angleterre, en France et en Allemagne, vivant comme artistes, poètes, jongleurs ou bouffons. L’origine du mot est incertaine. Elle pourrait provenir du latin gula, gloutonnerie, ou d’une dérivation de Gaillard, ou se rapporterait selon leur propre légende au mythique « évêque Golias », aussi appelé « Archipoète » ou « Primas », au nom duquel ils écrivaient la plupart de leurs poèmes satiriques. Au XIV° siècle, le mot Goliard abandonnera toute référence cléricale; pour devenir synonyme de jongleur ou de ménestrel dans la littérature française et anglaise.

 Le contenu des poésies goliardes, en vers latins aux rimes accentuées, imitant ainsi la forme des cantiques médiévaux, est satirique et sans pudeur : érotisme très direct et charnel, chansons à boire, complaintes sur la vie du clergé pauvre, glorification de l’hédonisme, reniement de l’éthique chrétienne, satire politique et surtout religieuse. De nombreuses chansons dénoncent les abus et l’immoralité des hautes sphères de l’Eglise, attaquant jusqu’au Pape ce qui valu aux Goliards d’être le sujet de délibérations de plusieurs conciles. En 1227, le concile de Trévise interdit aux prêtres de permettre aux Goliards de prendre part aux chants pendant l’office. En 1229, les goliards jouent un rôle manifeste dans les troubles de l’Université de Paris relatifs aux intrigues du légat papal. En 1289, il est interdit à tout clerc d’être jongleur, goliard ou bouffon. En 1300, à Cologne, il leur est interdit de prêcher ou de s’engager dans le trafique d’indulgence. Cette législation ne sera effective qu’à partir du moment où les privilèges du clergé leur seront définitivement retirés.

La collection la plus remarquable de leurs poésies, tirée d’un manuscrit d’un monastère bavarois, fut publiée en 1895 sous le titre « Carmina Burana ». Le compositeur allemand Carl Orff s’est servi d’un choix de ces poèmes pour son célèbre oratorium et beaucoup d’entre eux forment encore aujourd’hui la majeure partie des carnets de chants des étudiants allemands. Certains ont été traduits par John Addington Symonds et publiés en 1884 dans un petit ouvrage intitulé « Wine, Women and Song ». Les poèmes goliards étaient écrits pour être chantés, mais on est très loin d’une connaissance complète de la musique destinée à accompagner ces poèmes ou que ces poèmes étaient censés accompagner. La notation musicale utilise des neumes dites diastématiques, sorte de sténographie musicale lisible seulement si on a une connaissance préalable de la mélodie. Le style musical des chansons d’amour est similaire à celui des trouvères. On trouve parfois les mêmes airs dans les deux répertoires. Les chansons proprement goliardes sont toutefois plus simples sur le plan métrique, mélodique et stylistique.

Les Goliards et le goliardissime : La naissance d’un genre es goliards ou « cleri vagantes » sont des étudiants, des clercs ou des ecclésiastiques fuyant la hiérarchie de l’Église, qui, du XI° au XIII° siècle, faisaient du vagabondage intellectuel à travers l’Europe, notamment en Angleterre, en France et en Allemagne, vivant comme artistes, poètes, jongleurs ou bouffons. L’origine du mot est incertaine. Elle pourrait provenir du latin gula, gloutonnerie, ou d’une dérivation de Gaillard, ou se rapporterait selon leur propre légende au mythique « évêque Golias », aussi appelé « Archipoète » ou « Primas », au nom duquel ils écrivaient la plupart de leurs poèmes satiriques. Au XIV° siècle, le mot Goliard abandonnera toute référence cléricale; pour devenir synonyme de jongleur ou de ménestrel dans la littérature française et anglaise. Le contenu des poésies goliardes, en vers latins aux rimes accentuées, imitant ainsi la forme des cantiques médiévaux, est satirique et sans pudeur : érotisme très direct et charnel, chansons à boire, complaintes sur la vie du clergé pauvre, glorification de l’hédonisme, reniement de l’éthique chrétienne, satire politique et surtout religieuse. De nombreuses chansons dénoncent les abus et l’immoralité des hautes sphères de l’Eglise, attaquant jusqu’au Pape ce qui valu aux Goliards d’être le sujet de délibérations de plusieurs conciles.

En 1227, le concile de Trévise interdit aux prêtres de permettre aux Goliards de prendre part aux chants pendant l’office. En 1229, les goliards jouent un rôle manifeste dans les troubles de l’Université de Paris relatifs aux intrigues du légat papal. En 1289, il est interdit à tout clerc d’être jongleur, goliard ou bouffon. En 1300, à Cologne, il leur est interdit de prêcher ou de s’engager dans le trafique d’indulgence. Cette législation ne sera effective qu’à partir du moment où les privilèges du clergé leur seront définitivement retirés.

La collection la plus remarquable de leurs poésies, tirée d’un manuscrit d’un monastère bavarois, fut publiée en 1895 sous le titre « Carmina Burana ». Le compositeur allemand Carl Orff s’est servi d’un choix de ces poèmes pour son célèbre oratorium et beaucoup d’entre eux forment encore aujourd’hui la majeure partie des carnets de chants des étudiants allemands. Certains ont été traduits par John Addington Symonds et publiés en 1884 dans un petit ouvrage intitulé « Wine, Women and Song ».

Les poèmes goliards étaient écrits pour être chantés, mais on est très loin d’une connaissance complète de la musique destinée à accompagner ces poèmes ou que ces poèmes étaient censés accompagner. La notation musicale utilise des neumes dites diastématiques, sorte de sténographie musicale lisible seulement si on a une connaissance préalable de la mélodie. Le style musical des chansons d’amour est similaire à celui des trouvères. On trouve parfois les mêmes airs dans les deux répertoires.

Les chansons proprement goliardes sont toutefois plus simples sur le plan métrique, mélodique et stylistique. Sopistas et Tunos, les Goliards espagnols es premières Universités espagnoles furent fondées en 1208 à Palence et en 1220 à Salamanque. Des étudiants de tous les royaumes et de toutes conditions vinrent s’y inscrire, dont certains insufflèrent l’esprit des goliards. Ainsi, pour financer leurs études, les moins fortunés d’entre eux prirent l’habitude d’animer gargotes, tavernes, ruelles et places publiques en échange de quelques monnaies ou d’une assiette de soupe. Ils portaient toujours sur eux une cuillère et une fourchette en bois ce qui leur permettait de manger en quelque endroit où on en leur en donnait l’occasion et leur conféra leur surnom : les « Sopistas » (soupistes).

Ces couverts en bois sont aujourd’hui encore le symbole des Tunas universitaires. Mais si ces sages manifestations à des fins de subsistance étaient bien acceptées par les mœurs médiévales, elles n’étaient que le pendant de manifestations plus friponnes, que seul l’esprit picaresque estudiantin pouvait leur conférer. En effet, la nuit tombée, ces étudiants allaient chanter la sérénade sous les balcons des élues de leur cœur afin de les conquérir, voire plus si affinité. C’est au XVI° siècle que se formèrent les Tunas telles que nous les connaissons aujourd’hui.

En 1538, une loi permis aux étudiants sans ressources de trouver pension dans les « Instrucciónes para bachilleres de pupillos « . Elles étaient, de par leurs caractéristiques, le refuge des soupistes Les nouveaux (novatos), à cause de leur inexpérience, y étaient l’objet des moqueries et des farces des anciens. Un pupille se mettait donc sous la protection d’un ancien, qui se chargeait de le guider dans ses études (même si ces pensions n’étaient pas le lieu idéal pour suivre des études sérieuses) et de lui enseigner l’art goliard. En échange, le nouveau devenait le page de son « maître », permettant ainsi à ce dernier d’avoir un style de vie similaire à celui des étudiants riches. Une fois terminée sa période d’apprentissage, le « novato » atteignait à son tour le status d’ancien bouclant ainsi la boucle et ainsi de suite jusqu’à nos jours.

Au fil de l’Histoire, peu d’institutions ont su préserver aussi fidèlement leurs coutumes et traditions comme l’ont fait les Tunas. L’esprit estudiantin est passé de génération en génération, depuis les premiers soupistes qui devaient survivre grâce à leur art, jusqu’à notre époque, où le caractère initiatique et enrichissant de la Tuna est plus vivant que jamais, n’en déplaise à certains. Bien sûr, certaines de ces traditions ont évoluées dans leur forme, ont disparu ou ont été créées au fil du temps, mais toutes sont restées fidèles à des idéaux communs : – Séduire les damoiselles – Voyager et connaître d’autres cultures – Obtenir un bon niveau musical – Porter haut les couleurs de leur Université et de leur Ville où l’aventure les mènent. – Eventuellement obtenir un diplôme universitaire Et à certaines coutumes : – L’apprentissage – Les Rencontres-Concours (Certamenes) – La ronda Les tunos vivent la Tuna comme un art de vivre, c’est la caractéristique qui la distingue de tout autre type de formation musicale ou ludique. Un tuno ne cesse pas de l’être une fois son cursus universitaire achevé, la promesse faite à ses compagnons ou à la Tuna qui lui a donné sa beca est plus comparable à un « pacte de sang » qu’à tout autre forme de promesse. Etre tuno n’est pas quelque chose de transitoire, c’est essentiel à toute personne qui s’en montre fier.

De nos jours, à cause de l’évolution de la société, la Tuna a, certes, quelque peu perdu sa fonction de gagne-pain, les tunos d’aujourd’hui utilisant plutôt l’argent durement gagné pour financer leur équipement (costume et instruments), leurs sorties et leurs voyages, mais elle regroupe toujours des étudiants (« fauchés » par définition) attachés aux traditions, amateurs de musique populaire, cultivant un certain art de vivre, aimant découvrir le monde, l’amour et de nouvelles sensations sans disposer de grands moyens. Pour ce qui est du reste, la Tuna a su garder vivaces les traditions héritées des siècles antérieurs, elle interprète des chansons populaires avec les mêmes instruments (enfin, dans leur version moderne et neufs), fait la sérénade aux dames (qui sont toujours aussi sensibles à ses chansons), voyage aux quatre coins du monde, le plus souvent invitée par ceux qui veulent bien savourer sa musique et sa sympathie, et dispense toujours sa bonne humeur dans les rues et les restaurants en échange d’un sourire, d’un soupir, d’une petite pièce de monnaie ou d’un coup à boire.

 La Tuna est donc plus qu’une formation musicale, c’est l’institution universitaire la plus ancienne et la plus originale au monde. De nos jours il n’y pas une Université en Espagne qui n’aie une Tuna. La Tuna n’est rien sans l’Université mais l’Université ne serait pas ce qu’elle est sans la Tuna. Son romantisme, son caractère si particulier, ses traditions, et surtout sa musique en font un élément indissociable de l’Histoire de l’Université espagnole. La Tuna a été, est et sera toujours. ¡ Aúpa Tuna ! La Tuna dans la Littérature : elon les experts et les investigateurs  » La Razón de Amor y Denuestos del Agua y el Vino  » datant du début du XIII° siècle, est un des premiers extraits de la littérature espagnole relatant les aventures d’un goliard : « Un escolier la rima, qui toujours dame aima. Mais il eut aussi descendance en Allemagne et en France, et demeura beaucoup en Lombardie pour apprendre la courtoisie… », Les protagonistes de ce long poème sont un étudiant « qui sait bien chanter, ses lois et faire des vers », et une dame élégante d’une extrême délicatesse.

On y fait référence au ruban brodé (cinta) que la belle donnait en souvenir à son prétendant et qui lui permettait de le distinguer dans l’obscurité de la nuit. En 1300, dans le « Liber Constitutionem » de l’Université de Lérida, on interdit les sérénades nocturnes aux étudiants, les menaçant de confisquer leurs instruments, car ils perturbent la quiétude et le repos de la cité.

En 1348, Alphonse X « El Sabio », dans « Las Partidas », se réfère aux soupistes en ces termes : « Ces escoliers qui chantent et jouent d’un instrument pour trouver subsistance ». L’Archiprêtre de Hita composa plus de dix cahiers de chants pour « escolares que andan nocherniegos e para muchos otros por puertas andariegos « , et dans son livre « Libro del Buen Amar » fait référence à l’aspect mendiant de ces étudiants : « Monsieur donnez à l’escolier qui viens vous demander. Donnez aumône ou ration, ferai pour vous oraison ». Dans  » La vida del Pícaro Guzmán de Alfarache  » de Mateo alemán on peut lire : « … ils ne voulaient voir aucun livre, ni participer à ce pourquoi ils été venus à l’Université; les guitares ne quittaient jamais leur mains, ils étaient d’un grand divertissement, chantaient de bons sonnets, en avaient toujours de nouveaux et les donnaient très bien accompagnés de leur instrument ».

On y parle aussi des mauvais traitements infligés aux nouveaux.  » Oh, douce vie que celle des étudiants! L’un joue les petit évèque, l’un maltraite les nouveaux, les mettant sur la roue, les laissant dehors par temps de neige, les bastonnant, leur enlèvant la patente, ne leur laissant ni livre ni manteau sur les épaules! ». Dans « Historia de la vida de Buscón », Fransico de Quevedo fait aussi référence à la période d’apprentissage : « Je suis entré dans la patio, je n’avais pas encore posé le pied qu’ils m’affrontèrent et commencèrent à dire : « Nouveau! » Moi, feignant l’indifférence, je me mis à rire, mais ce ne fut pas suffisant et huit ou neuf d’entre eux vinrent à moi en riant… » Et à son intronisation dans le groupe : « Vive le compagnon, qu’il soit admis en notre amitié; jouisse des primautés d’ancien, puisse avoir la gale, aller souillé et souffrir la même faim que tous! » En 1862, le Baron Charles de Davillier, accompagné de l’illustrateur Gustave Doré, effectue un voyage en Espagne. Ses reportages furent publiés dans la revue française « Le Tour du Monde ».

On y trouve entre autres un des meilleurs témoignages sur la Tuna au XIX° siècle dont voici quelques lignes : « …il existe, en Espagne, plusieurs chansons à propos de la faim des étudiants : Quand un étudiant arrive au coin de la place, les vendeuses disent : Dehors le chien de chasse! ou cette autre : Les portes du Château d’Alicante ont été construites dans la cuillère en bois que porte un étudiant. » Comme l’a si bien exprimé D. Emilio de la Cruz y Aguilar dans ses « Chrónicas de la Tuna » : « Malgré les temps qui passent et changent, les tunos continuent d’êtres les vifs témoins de la jeunesse de toujours, les mêmes anciens troubadours étudiants qui cultive l’art de la poésie populaire, ces chers universitaires noctambules qui, depuis déjà plusieurs siècles, se succèdent, parcourent le monde en faisant la cour, cultivent les instruments populaires et pratiquent un genre musical directement apparenté aux sérénades médiévales ou aux chants des étudiants désargentés, témoignant ainsi de ce phénomène culturel unique… » Du même auteur cette définition :  » … regroupement de scolaires troubadours pour trouver subsistance, parcourir les terres et servir les dames de celles-ci avec courtoisie.

 Ainsi donc la Tuna est école de vie, creuset d’amis nouveaux et épreuve des anciens, arène d’habileté, ourdisseuse de songes … source de joies et fierté d’Espagne…  » (« Libro del Buen Tunar » de Emilio de la Cruz y Aguilar). à lire « Libro del Buen Tunar », Emilo de la Cruz y Aguilar. Ed. Cívitas, Madrid, 1986 « Chronicas de la Tuna o memoria de andariegos y vagantes escolares », Emilo de la Cruz y Aguilar. Ed. Cívitas, Madrid, 1988 « Diccionario de Autoridades », Real Academia Española. Ed. Grados, Madrid, 1969(1723) « Libro del Buen Amor », Juan Ruiz, Arcipreste de Hita. Ed. Espasa-Calpe, Madrid, 1967 « Beca Roja », José Poch. Ed. Espasa-Calpe, Madrid, 1978 « Historia de una Tuna », Ismael Muñoz y Luis Matilla. Ed. Ed. Espasa-Calpe, Madrid, 1978 « La Razón del Amor, y Denuestos del Agua y del Vino », poeme anonime du XIII° siècle « Arte Tunantesca o diálogo entre dos tunantes », auteur inconnu. Valladolid fin du XVIII° siècle « Guzmán de Alfarache », Mateo Alemán. Ed. Cátedra, Madrid, 1984 « Ayer, Hoy y Siempre…